Grèce: le FMI décidera de la poursuite de l’aide après le sommet UE en juin

 Le Fonds monétaire international va décider de verser sa partie de l'aide à la Grèce après le sommet de l'Union européenne fin juin où des décisions "difficiles" sur la Grèce doivent être prises, a indiqué mardi à Athènes Bob Traa, un haut représentant du FMI.La Troïka représentant les créanciers de la Grèce, zone euro et FMI, avait donné vendredi son feu vert au versement "début juillet" de la 5e tranche du prêt de 110 milliards d'euros consenti au pays, sous réserve d'accord "sur les modalités de financement" de son redressement.

"Je crois que lors du sommet de l'UE (en juin), il faut prendre quelques décisions qui seront difficiles", a indiqué M. Traa, chef de la délégation du FMI en Grèce, lors d'un colloque financier, tenu à Athènes.

"Ensuite, nous allons décider au sein de notre institution de verser l'aide début juillet car le temps presse", a-t-il souligné.

M. Traa faisait allusion au cinquième versement de 12 milliards d'euros, qui doit prochainement être versé au pays. Cette tranche fait partie du prêt accordé à la Grèce en mai 2010 sur trois ans et d'un montant total de 110 milliards d'euros dont 80 milliards sont versés par les pays de la zone euro et 30 milliards par le FMI.

En raison de l'incertitude sur la possibilité de la Grèce de retourner sur les marchés d'ici 2013 pour emprunter et de l'éventualité d'une aide financière supplémentaire, le FMI a menacé de ne pas verser sa partie d'aide au pays si ce dernier ne procède pas à l'adoption de nouvelles mesures d'austérité et à des privatisations pour que sa dette soit viable.

Le FMI souhaiterait une plus grande cohésion au sein de l'Europe sur la crise grecque survenue en 2010 et qui a été suivie quelque mois après par des plans de sauvetage en Irlande et au Portugal.

"Les partenaires de la Grèce dans la zone euro (...) doivent parler d'une seule voie, et ne doivent laisser aucune doute sur la poursuite de leur soutien politique et économique au pays", a relevé M. Traa.

Toutes les parties proches du dossier grec --le gouvernement à Athènes, l'UE, le FMI et la Banque centrale européenne (BCE)-- ont mis en garde contre toute restructuration de la dette alors que des discussions existent toujours sur une forme de restructuration douce après un accord avec les créanciers privés.

Toutefois, des experts notent qu'une pure restructuration de la dette est inévitable et pourrait avoir des résultats vu le montant du montant colossal de la dette du pays, à plus de 350 milliards d'euros.

"Si il y a une vraie restructuration de la dette, cela va faire la différence (...)", a dit M. Traa, tout en soulignant qu'il s'agit d'un scénario "dangereux", qui provoquerait de problèmes "inédits" pour la Grèce et la zone euro.

Lors du sommet européen fin juin, les dirigeants européens doivent aborder les difficultés économiques persistantes en Grèce tandis qu'une aide supplémentaire d'environ 70 milliards d'euros est envisagée.