Grèce: la zone euro veut un plan d’aide prêt début juillet

 Les dirigeants des pays de la zone euro comptent appeler jeudi soir à la mise sur pied d'un nouveau plan d'aide en faveur de la Grèce pour début juillet, conditionné à l'adoption d'un plan d'austérité dans le pays, selon un projet de déclaration vu par l'AFP.Le Premier ministre grec Georges Papandréou a officiellement demandé jeudi soir un nouveau plan d'aide financier à l'Europe et au FMI, après celui de 110 milliards d'euros déjà décidé il y a un an

La déclaration devrait être adoptée lors du sommet de l'Union européenne à Bruxelles mais est encore susceptible d'être modifiée lors des discussions entre dirigeants.

"Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro appellent les ministres des Finances à achever le travail sur tous les éléments" en discussion pour la Grèce, à savoir le déblocage de 12 milliards d'euros prêts tirés du plan d'aide de l'an dernier mais aussi les grandes lignes d'un nouveau programme de soutien, "en vue de permettre leur mise en oeuvre début juillet", souligne le projet de document.

Les dirigeants sont ainsi un peu plus précis sur l'avancée des travaux que ce qu'avaient indiqué lundi à Luxembourg les ministres des Finances de l'Union monétaire réunis au sein de l'Eurogroupe.

"Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro sont d'accord pour dire que les fonds supplémentaires nécessaires seront financés via des sources à la fois publiques et privées", autrement dit par les gouvernements de l'Union monétaire, éventuellement appuyés par le FMI, mais aussi les banques privées et fonds d'investissement créanciers de la Grèce, ajoute le texte.

Il dit aussi que les dirigeants de la zone euro "réaffirment leur engagement à faire tout ce qui est nécessaire pour garantir la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble".

Pour débloquer de l'argent frais, les dirigeants européens rappellent de nouveau que le parlement grec doit au préalable adopter "de manière urgente dans les prochains jours" le nouveau plan d'austérité et de privatisations, très impopulaire, préparé par le gouvernement socialiste de Georges Papandreou avec les bailleurs de fonds internationaux du pays.

Un vote crucial est prévu à ce sujet d'ici au 30 juin au parlement grec.

Si cette condition est remplie, "cela fournira la base à la fixation des principaux paramètres d'un nouveau programme (d'aide à la Grèce) soutenu à la fois par ses partenaires européens et le Fonds monétaire international (...) et dans le même temps autorisera le versement (de la tranche de prêts) à temps pour faire face aux obligations financières de la Grèce", indique le projet de déclaration commune.

Par ailleurs, dans le même texte, les chefs d'Etat et de gouvernement cette fois de l'ensemble des 27 pays de l'Union européenne "saluent" une proposition de la Commission européenne faite cette semaine, visant à autoriser le déblocage de subventions du budget de l'UE en faveur de la Grèce, afin de soutenir l'économie du pays.

Concrètement, il s'agirait d'autoriser le versement de fonds programmés pour la Grèce, en faveur de projets précis, sans demander à Athènes d'apporter immédiatement un co-financement national comme l'exigent en principe les règles européennes.

Actuellement, du fait de sa crise budgétaire, le gouvernement grec n'a pas les moyens de co-financer des projets européens et n'a donc plus accès aux fonds de l'UE dits de cohésion et structurels, qui aident aussi des secteurs et régions en difficulté.

Sur les 20 milliards d'euros programmés en faveur de la Grèce au titre de ces politiques dans le budget en cours de l'Union (2007-13), le pays n'en a utilisé qu'un quart à ce jour.

Dans l'immédiat, Bruxelles a chiffré à un milliard d'euros les fonds qui pourraient être débloqués.