Grèce: la contestation durcit face à la perspective du vote

 Des milliers de Grecs ont manifesté mardi leur colère contre le budget d'austérité, qui doit être voté mercredi au Parlement, lors de défilés émaillés d'incidents violents au centre d'Athènes, au premier jour d'une grève générale de 48 heures.Au même moment, l'Union européenne (UE) a haussé le ton pour que les députés grecs avalisent ce texte en agitant le chiffon rouge d'une faillite immédiate de la Grèce si l'impopulaire plan d'austérité n'était pas voté.

Le président de l'UE Herman Van Rompuy a affirmé que les heures à venir allaient être "décisives" pour la Grèce, mais aussi pour la zone euro et l'économie mondiale.

De son côté, Christine Lagarde, toute nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), désignée mardi soir, a lancé un appel à "l'entente nationale" politique en Grèce pour voter les mesures d'austérité proposées par le gouvernement socialiste sous la pression du FMI et l'UE, les créanciers du pays.

Toutefois, un groupe de jeunes qui ont attaqué mercredi après-midi à coup de barres de fer des façades en marbre sur la place Syntagma à Athènes et le ministère des Finances voisin, en marge de la manifestation des syndicats, n'étaient guère prêts à recevoir ce genre de conseils.

Les forces anti-émeutes ont jeté des salves de gaz lacrymogènes pour les disperser, laissant la place Syntagma noyée sous un brouillard irritant et jonchée de petits bouts de marbres, munitions utilisées aussi bien par les manifestants que par certains policiers.

"Les Européens nous disent qu'ils nous lâcheront si le plan n'est pas voté mais la faillite, on y est déjà. Toucher le fond nous permettrait au moins de remonter, alors que ce nouveau plan ne résout rien", a lancé Anna Théodorou, une secrétaire de 38 ans.

Peu avant, les manifestants, qui étaient beaucoup moins nombreux que lors de la grève générale du 15 juin, avaient défilé aux cris de "Le projet de loi ne va pas passer !".

D'importantes forces policières - 4.000 hommes selon les autorités - avaient été déployées, bouclant à la circulation le centre d'Athènes.

Le Parlement était entouré de centaines de policiers tandis qu'une barrière était dressée devant l'entrée du bâtiment pour empêcher les manifestants d'approcher.

Mercredi soir, des milliers d'"Indignés", le mouvement de protestation populaire lancé depuis plus d'un mois en Grèce, ont afflué sur la place Syntagma pour protester aussi contre l'austérité. Mais leur nombre était plus réduit que lors des rassemblements précédents.

"C'est vrai qu'on est moins nombreux que les fois précédentes, mais cela est dû aux policiers qui avaient tiré contre les manifestants quelques heures auparavant", a indiqué à l'AFP Nikos Kassidakis, employé à la mairie d'Athènes, qui suit le mouvement depuis le début.

La grève a touché les transports maritimes et aériens et les coupures d'électricité se sont poursuivies en raison d'une grève observée depuis la semaine dernière par l'entreprise publique d'électricité, la DEI.

A part le métro, les transports en commun à Athènes n'ont pas fonctionné.

Les grévistes protestaient contre le plan pluri-annuel d'austérité 2012-2015 prévoyant hausses d'impôts et privatisations massives, qui devait être voté mercredi au Parlement. Celui-ci impose de nouveaux sacrifices aux Grecs, après la rigueur de 2010, afin d'éviter la faillite au pays, pour qu'Athènes puisse toucher une nouvelle aide financière vitale de ses partenaires européens et créanciers.

Des banques étaient également fermées, les hôpitaux fonctionnaient avec du personnel d'astreinte et les journalistes ont observé un arrêt de travail de cinq heures en début d'après-midi, ce qui a affecté les journaux radiotélévisés et les sites internet.