Grèce: banques et assureurs français sont prêts à participer au plan d’aide

 Le président Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi à Bruxelles que les banques et compagnies d'assurance françaises étaient prêtes à participer au futur plan d'aide à la Grèce, un signe fort au moment où la France est un des premiers créanciers privés de ce pays au bord de l'asphyxie.Les autorités des pays de la zone euro ont entamé sur ce thème, depuis mercredi, des négociations avec les créanciers privés de la Grèce, principalement des banques et des assureurs.

L'enjeu consiste à éviter que la formule adoptée ne soit interprétée comme un défaut de paiement par les agences de notation, ce qui pourrait déclencher une réaction en chaîne et menacer le système financier tout entier.

Il s'agit également d'empêcher que le schéma ne soit qualifié d'"événement de crédit", c'est à dire une modification unilatérale des termes du contrat, ce qui déclencherait les produits d'assurance contre le défaut de paiement, les fameux CDS et pourrait aussi affoler les marchés.

"Nous avons eu beaucoup de réunions de travail avec les banques et les compagnies d'assurance françaises", a indiqué Nicolas Sarkozy, pour qui "il y a (de leur part) une volonté de sauver l'euro, d'assurer la solidarité de la zone euro, qui est extrêmement forte".

Les créanciers "sont prêts à faire face à leurs responsabilités", a indiqué un banquier sous couvert d'anonymat.

"Je crois qu'elles (les banques) comprennent très bien qu'il faut qu'elles restent présentes, mais qu'elles le fassent d'une façon qui soit volontaire, organisée, de façon à éviter un défaut", a dit vendredi matin le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer sur la radio RTL.

La France est le pays le plus exposé à la Grèce, mais cette exposition concerne majoritairement des créances sur le secteur privé.

Concernant les obligations émises par l'Etat grec, BNP Paribas en détient pour 5 milliards d'euros, Société Générale pour 2,5 milliards et Crédit Agricole pour 600 millions d'euros. L'exposition des assureurs est moindre.

De sources concordantes, plusieurs scénarios ont été mis sur la table au début des négociations.

L'un d'entre eux consistait pour les créanciers à racheter, après remboursement de leurs titres arrivant à échéance, de nouvelles obligations d'une durée de cinq ans, à un taux proche de celui obtenu sur les marchés par le fonds européen de stabilité (FESF), le fonds mis en place par les Européens pour venir en aide aux pays les plus fragiles comme l'Irlande ou le Portugal.

Il s'agit là d'un mécanisme connu sous le nom technique mais récemment popularisé de "rollover".

Un autre scénario incluerait de nouveaux titres d'une durée de trois ans.

De sources concordantes, les schémas de départ auraient largement évolué au fil des discussions, aucune solution technique précise ne se dégageant encore à ce stade.

Par ailleurs, la question des incitations ou contreparties dont pourraient bénéficier les créanciers en échange de leur participation au plan d'aide n'est pas sur la table en France, indiquent plusieurs sources, alors qu'elle a été publiquement évoquée en Allemagne.

Au sujet des discussions menées dans d'autres pays de la zone euro, le président français a affirmé ne pas avoir vent de "difficultés" ou de "craintes".

"Nous avons l'intention de boucler les négociations d'ici le 3 juillet; elles se déroulent mieux quand on garde une certaine discrétion", a déclaré vendredi le porte-parole du ministère des Finances allemand, Martin Kotthaus.

"Nous sommes convaincus que le secteur privé va agir de manière très responsable", a-t-il ajouté.

"Personne n'a envie de voir tomber la Grèce", a fait valoir un banquier.