FMI: Lagarde au Brésil pour défendre sa candidature auprès des émergents

 La Française Christine Lagarde est attendue lundi à Brasilia, première étape d'une tournée des grands pays émergents, pour défendre sa candidature à la tête du Fonds monétaire international.La ministre française de l'Economie aura un entretien suivi d'un déjeuner de travail avec son homologue brésilien Guido Mantega puis rencontrera le président de la Banque centrale brésilienne Alexandre Tombini.

"J'ai choisi de visiter l'ensemble des pays émergents", a déclaré Mme Lagarde dimanche à la radio française Europe 1.

Elle a souligné que, après le Brésil, elle se rendrait en Chine, en Inde, dans des pays d'Afrique et probablement aussi au Moyen-Orient.

Mme Lagarde fait figure de grande favorite pour succéder à Dominique Strauss-Kahn, inculpé à New York pour crime sexuel, qui a démissionné le 19 mai de son poste de directeur du FMI.

La candidature de la ministre française est sortie renforcée du sommet du G8 de Deauville, en France, où elle a engrangé les soutiens. Deux jours seulement après être officiellement entrée en campagne, elle peut déjà se prévaloir du front uni des Européens en sa faveur et du soutien plus ou moins affiché des Etats-Unis et de la Russie.

Elle n'a que deux rivaux déclarés, le directeur de la Banque centrale du Mexique, Agustin Casterns, et celui de la Banque centrale kazakhe, Grigori Martchenko.

M. Casterns est attendu à son tour mercredi au Brésil, alors que le géant sud-américain s'est jusqu'à présent abstenu de le soutenir publiquement.

Les principales puissances émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), réunies au sein du groupe des Brics, critiquent la mainmise des Européens sur le poste de directeur général du FMI.

Selon un accord tacite, la direction du FMI a toujours été allouée depuis 1946 à un Européen, tandis que les Américains occupent celle de la Banque mondiale.

Ces pays "aujourd'hui expriment une inquiétude et une frustration. Ils souhaitent que leurs intérêts et leur situation économique soient reconnus et exprimés dans la direction des instances internationales", a reconnu la ministre française.

"Ils veulent savoir si les candidats (à la direction du FMI) ont vocation universelle", a-t-elle souligné.

Christine Lagarde devait ainsi s'employer à Brasilia a rassurer ses interlocuteurs en leur expliquant qu'elle n'est pas la candidate de la France ni même de l'Europe mais qu'elle sera la directrice de tous les pays, selon une source diplomatique.

De son côté, le Brésil - comme les autres grands émergents - devait chercher à monnayer son soutien contre l'assurance que ceux-ci auront plus de poids au sein de l'organisation financière internationale et que le prochain directeur sera issu de leurs rangs.

Les nouvelles puissances mondiales, prises de court par la démission surprise de "DSK" un peu plus d'un an avant la fin de son mandat, n'ont en effet pu se mettre d'accord sur un candidat unique pouvant faire le poids face à Mme Lagarde.

Ministre de l'Economie depuis 2007, actuelle présidente du G8 et G20 Finances, la Française peut faire valoir qu'elle a pris part à toutes les décisions depuis que la crise financière internationale a éclaté en 2008, qu'il s'agisse de la réforme de la gouvernance économique mondiale ou de la crise de la dette en zone euro.