Fitch confirme la note maximale « AAA » de la France

 L'agence de notation Fitch Ratings a confirmé mardi la note maximale accordée à la France, tout en exhortant le pays à agir pour stabiliser puis pour réduire sa dette publique.La France reste notée "AAA", soit la meilleure note possible dans la classification de Fitch, et peut donc continuer à emprunter dans les meilleures conditions sur les marchés pour refinancer sa dette.

Fitch a indiqué que la perspective d'évolution de la note française était "stable", ce qui exclut un abaissement à court ou moyen terme.

"Toutefois, une poursuite de la consolidation budgétaire est nécessaire pour stabiliser puis pour réduire la dette publique qui a atteint 81,7% du produit intérieur brut à la fin 2010", a commenté Maria Malas-Mroueh, un des analystes de Fitch, cité dans un communiqué de l'agence.

Fitch a rappelé que la France s'était engagée à ramener son déficit public à 3% de son PIB d'ici 2013. "Un dérapage effectif par rapport à cet objectif mettrait sous pression la note +AAA+ de la France", a averti l'agence.

Fitch a souligné que le gouvernement français avait pris plusieurs initiatives positives, comme la mise en place d'un "programme de consolidation (budgétaire) plus détaillé et plus crédible", et la réforme des retraites. L'adoption d'une règle d'or constitutionnelle, empêchant les dérives budgétaires, pourrait aussi rendre plus crédible l'action gouvernementale.

L'agence relève toutefois plusieurs facteurs qui pourraient contrarier un retour à l'équilibre des finances publiques, comme un accès de laxisme budgétaire avant la présidentielle de 2012 ou un excès d'optimisme dans les hypothèses budgétaires du gouvernement.

Si Fitch estime que la France devrait tenir ses objectifs de réduction du déficit cette année, "de nouvelles mesures pourraient être nécessaires pour le ramener à 3% du PIB d'ici 2013", a relevé l'agence.

A plus long terme, la note du pays pourrait également être menacée si la compétitivité du pays devait continuer à se dégrader, comme l'atteste le déficit des comptes courants et l'augmentation de la dette extérieure nette. Même si le gouvernement a déjà pris des mesures pour s'attaquer à ce problème, "de nouvelles mesures pourraient bien s'avérer nécessaires".

En revanche, l'agence ne s'inquiète pas trop de l'exposition des banques françaises aux pays de la zone euro en difficulté.

"L'importance de la banque de détail et les bilans relativement solides (des banques françaises dans le domaine de banque d'investissement) ont contribué à protéger l'économie du pays pendant la crise financière mondiale et devraient continuer à servir d'amortisseur en cas de reprise de la volatilité des marchés", a noté Fitch.