Euro: le Bundestag veut plus de temps, les Libéraux posent des conditions

 Le président du Parlement allemand Norbert Lammert a prévenu qu'il serait "pratiquement impossible" pour les députés allemands d'adopter les dernières décisions prises par les dirigeants européens sur la zone euro dans les délais prévus.Le sujet "est tellement important que le Bundestag ne pourra pas l'examiner en quelques jours avec l'attention nécessaire", a déclaré M. Lammert, issu des rangs du parti conservateur (CDU) de la chancelière Angela Merkel, dans un entretien à paraître dimanche dans l'hebdomadaire FAZ am Sonntag.

"Il sera sûrement pratiquement impossible d'adopter cela entre le 20 et le 23 septembre", a-t-il ajouté.

C'est pourtant la date que vise le gouvernement allemand pour faire entériner les décisions prises avec ses partenaires européens lors d'un sommet le 21 juillet. Parmi elles, une nouvelle aide pour la Grèce et l'élargissement des compétences du fonds européen FESF, pour lui permettre d'acheter des obligations de pays européens en difficulté.

Ce point est très contesté notamment par le camp libéral, partenaire des conservateurs dans la coalition au pouvoir. "Avec nous il n'y aura pas de chèque en blanc pour le rachat d'obligations d'autres pays", a prévenu dans un entretien au quotidien Tagesspiegel de dimanche le chef du groupe parlementaire libéral (FDP) Rainer Brüderle.

Parmi les autres exigences du FDP, qui se fait prier pour apporter son soutien aux décisions de juillet, l'introduction d'un plafond d'endettement inscrit dans la constitution de tous les pays de la zone euro, sur le modèle allemand. Ce sujet est "en rapport étroit avec les décisions sur le fonds de sauvetage", a dit M. Brüderle, laissant entendre que les députés du FDP n'approuveraient pas l'un sans l'autre.

Mme Merkel a promis à ses partenaires que le sujet serait bouclé d'ici à fin septembre.

Mais "le Bundestag décide lui-même de combien de temps il a besoin", a asséné M. Lammert, se faisant l'écho de la grogne de nombre de députés sur la façon dont les grandes décisions ont été prises depuis l'an dernier sur la zone euro, souvent en toute hâte alors qu'elles engageaient des dizaines de milliards d'euros d'argent public allemand.

"Le gouvernement allemand ne peut rien décider qui coûte ne serait-ce qu'un cent sans l'aval du Bundestag", a rappelé M. Lammert.

Malgré la fronde d'un certain nombre de députés de la majorité --environ 30 à 40 selon certaines estimations--, l'issue positive du vote sur le FESF et l'aide à la Grèce ne fait pas de doute, car la chancelière est assurée des voix des deux principaux partis d'opposition, les sociaux-démocrates (SPD) et les Verts.

Mais une crise de politique intérieure menace si Mme Merkel recueille beaucoup de suffrages négatifs dans son propre camp.