Etats-Unis: la Fed table sur une croissance de 2% cette année, de 3% l’an prochain

 L'économie américaine devrait croître "d'environ 2% cette année" et 3% en 2012, a estimé vendredi Sandra Pianalto, l'une des dirigeantes de la banque centrale des Etats-Unis (Fed)."Ma dernière prévision est que la croissance économique atteindra un taux d'environ 2% cette année et d'environ 3% par an chacune des deux années suivantes", a déclaré Mme Pianalto, présidente de l'antenne de la Fed de Cleveland, dans l'Ohio, à l'occasion d'un discours à Columbus, capitale de cet Etat du Nord des Etats-Unis.

Selon le texte de son allocution, Mme Pianalto a rappelé que le PIB du pays devait croître d'environ 2,5% au minimum simplement pour absorber les nouvelles générations sur le marché du travail et que l'économie était par conséquent loin d'avoir récupéré les quelque 9 millions d'emplois perdus pendant la crise.

Elle estime qu'il faudra "un certain nombre d'années" avant que le chômage, extrêmement élevé (il était officiellement de 9,1% en juillet), ne revienne à un niveau plus normal, qu'elle estime être "aux alentours de 5,5%".

Les propos de Mme Pianalto excluent un retour de l'économie à la récession et permettent de mieux appréhender les vues de la banque centrale sur l'économie américaine.

En effet, la Fed ne fournit pas de prévision de croissance sur l'ensemble de l'année, mais sur le taux de progression du PIB au quatrième trimestre en rythme annuel. En juin, elle a abaissé sa fourchette de prévision à 2,7-2,9%.

En juin, le Fonds monétaire international (FMI) tablait sur une progression du produit intérieur brut américain de 2,5% en 2011 et de 2,7% en 2012.

Selon les derniers chiffres du gouvernement américain, la croissance économique des Etats-Unis est tombée à 0,4% au premier trimestre et est restée poussive au deuxième, avec un taux de 1,3%.

Lundi, Dennis Lockhart, président de la Fed d'Atlanta, dans le Sud-Est du pays, avait exclu lui aussi un retour des Etats-Unis à la récession. Néanmoins, avait-il ajouté, "l'histoire de l'économie enseigne que la probabilité d'une récession augmente nettement lorsque la croissance du PIB est inférieure à 2%".

Dans un discours à Lyndhurst, dans le New Jersey (Nord-Est des Etats-Unis), son confrère William Dudley, de la Fed de New York, a rappelé que l'économie américaine avait été frappée de plein fouet au premier semestre par la poussée des prix du pétrole et les perturbations dans la chaîne d'approvisionnement provoquées par le séisme de mars au Japon.

"Ces contraintes se sont atténuées et nous devrions voir par conséquent une croissance plus forte au deuxième semestre", indique le texte de son adresse.

Pour M. Dudley cependant, "il est évident que ces facteurs temporaires n'ont pas été les seules causes de la faiblesse" de l'économie au premier semestre, ce qui implique que l'amélioration de la croissance ne devrait être que modeste d'ici à la fin de l'année.