Dette: le couple franco-allemand met la pression sur Rome et Madrid

 Le couple franco-allemand a mis la pression dimanche sur l'Italie et l'Espagne, nouvelles cibles des marchés, pour qu'elles tiennent au plus vite leurs engagements à assainir leurs finances publiques afin d'endiguer la contagion de la crise de la dette dans la zone euro.Dans une déclaration commune, le président Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont affirmé "accueillir favorablement les décisions prises en Italie et en Espagne, visant à accélérer le redressement des finances publiques et à améliorer la compétitivité" des deux pays.

Mais ils ont mis en exergue l'absolue nécessité pour Rome et Madrid de tenir sans tarder leurs promesses. "Une mise en oeuvre rapide et complète des mesures annoncées est essentielle pour restaurer la confiance des marchés", ont-ils insisté.

En termes à peine voilés, l'avertissement du tandem franco-allemand vise en premier lieu le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.

"En particulier, l'objectif des autorités italiennes de parvenir à l'équilibre budgétaire avec un an d'avance est d'une importance fondamentale", souligne la déclaration commune diffusée par l'Elysée et la chancellerie.

Le parlement italien a adopté le 15 juillet un plan d'austérité renforcé de près de 48 milliards d'euros pour mettre le pays à l'abri de la crise de la dette.

Après une semaine de turbulences, M. Berlusconi a annoncé vendredi l'accélération des mesures prévues dans le projet de budget pour les trois ans à venir, "dans le but d'arriver à l'équilibre budgétaire en 2013 au lieu de 2014".

En Espagne, le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero a lancé des réformes du marché du travail, du secteur bancaire et des retraites.

La banque nationale du pays l'a cependant appelé vendredi à "un accomplissement rapide et ambitieux" de ces réformes en vue de "réduire l'incertitude et rétablir une situation de croissance plus solide".

Les marchés financiers ont pris l'Espagne et l'Italie pour cibles depuis le début du mois et les taux d'intérêt acquittés par les deux pays ont atteint de nouveaux records qui font grimper le coût de leur dette.

En pleine crise de la zone euro et après le coup de tonnerre de la dégradation de la dette des Etats-Unis par l'agence Standard and Poor's vendredi, le couple franco-allemand était dimanche particulièrement "inquiet de l'ouverture des bourses" lundi, selon une source proche du dossier.

"La situation de l'Italie, de l'Espagne et des Etats-Unis ne justifie nullement le degré de panique qui a envahi les marchés", a-t-elle ajouté. "L'Espagne et l'Italie ont annoncé des mesures fortes et positives et leur situation ne mérite pas les attaques dont elles sont l'objet", insiste-t-on.

A peine plus de deux semaines après l'accord européen du 21 juillet à Bruxelles, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont également affiché dimanche leur détermination commune à "mettre en oeuvre pleinement" les mesures décidées pour assurer le sauvetage de l'économie grecque et de la zone euro.

Ils ont insisté sur la nécessité d'une mise en oeuvre rapide de ces mesures, notamment le renforcement des possibilités d'aide aux pays fragiles via le Fonds européen de stabilité financière (FESF), présenté comme l'ébauche d'un futur fonds monétaire européen.

Ils souhaitent que les parlementaires de leurs deux pays autorisent ces mesures "avant fin septembre". Dans cette perspective, la France a déjà annoncé une session extraordinaire de son Parlement du 6 au 8 septembre.

Paris et Berlin ont par ailleurs souligné leur "confiance" dans "l'analyse de la BCE", qui "constituera le fondement approprié pour des interventions" de rachat de dettes afin de secourir les pays vulnérables. Une façon de "dissiper les doutes" sur le soutien allemand à de telles interventions, selon la source proche du dossier.