Dette grecque: BNP Paribas et CNP Assurances ont insuffisamment provisionné

 Des banques et assureurs européens, en particulier BNP Paribas et CNP Assurances, ont sous-estimé la décote nécessaire dans leurs comptes sur la dette grecque, affirme mardi le Financial Times, en se référant à une lettre du régulateur des pratiques comptables IASB.Certains établissements n'ont pas fait assez de provisions pour compenser les pertes de valeur de leurs obligations grecques, et "cela nous inquiète beaucoup", estime le président de l'IASB Hans Hoogervorst, dans une lettre à l'Autorité européenne des marchés financiers, citée par le quotidien.

Le courrier ne cite pas nommément les deux groupes français, mais le journal affirme qu'ils n'ont provisionné leur dette grecque qu'à hauteur de 21% de sa valeur nominale, alors que la décote exigée par le marché est bien supérieure.

L'Union européenne a défendu lundi la solidité des banques européennes après les propos de la directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, qui a préconisé ce week-end leur "recapitalisation urgente" afin de restaurer la confiance des marchés et ainsi faciliter l'accès aux liquidités.

"Un certain nombre" de banques européennes "doivent être recapitalisées" mais "pas les plus importantes", a de son côté estimé le président de l'Autorité française des marchés financiers (AMF) Jean-Pierre Jouyet.

Des tests de résistance menés par l'Autorité bancaire européenne (EBA) ont mis en avant l'insuffisance de fonds propres de huit établissements bancaires européens sur les 90 qui les ont passés. Si les analystes et investisseurs s'accordent à reconnaître que l'exercice a été conduit plus sévèrement qu'en 2010, nombre d'entre eux jugent que le scénario retenu était encore trop optimiste.