Dette américaine: vote final au Sénat, peu d’enthousiame pour l’accord

 Barack Obama devrait pouvoir promulguer mardi, après un dernier vote au Sénat, un relèvement du plafond de la dette qui évite aux Etats-Unis un défaut de paiement, mais le texte suscite peu d'enthousiasme au milieu des défis économique colossaux qui subsistent.Au lendemain de l'adoption du texte par la Chambre des représentants, le Sénat devait se prononcer à 12H00 (16H00 GMT), soit à quelques heures à peine de l'ultime fixée par le Trésor pour éviter un défaut de paiement, mardi à minuit (mercredi 04H00 GMT).

"Dire que le texte n'est pas idéal est un euphémisme", a estimé mardi le sénateur démocrate Carl Levin devant le Sénat.

Sa collègue républicaine Kelly Ayotte, qui votera "non", a estimé mardi que le texte ne fera que "très peu pour résoudre le problème sous-jacent" qui a mené à une dette de plus de 14.000 milliards.

Après des semaines de bataille entre les deux partis, le Congrès autorise un relèvement du plafond de la dette américaine qui avait atteint le 16 mai son maximum à 14.294 milliards de dollars. La mesure est accompagnée de réductions budgétaires jusqu'à 2.500 milliards de dollars en deux étapes.

Mais l'économie américaine est mal en point, avec un taux de chômage à 9,2% et une croissance faible à 1,3%. Et les derniers indicateurs ne sont pas rassurants: la consommation des ménages (-0,2%) a donné de nouveaux signes de faiblesse, selon des données du mois de juin publiées mardi.

Au milieu de doutes sur les capacités de l'accord à parvenir efficacement à réduire les déficits américains dans les 10 prochaines années et assainir les finances, la Bourse de New York a de nouveau ouvert en baisse mardi.

En outre, le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a affirmé mardi sur la chaîne ABC que la longueur du blocage pendant des semaines a fait "beaucoup de dégâts" et érodé la confiance des investisseurs dans l'économie américaine.

M. Geithner a toutefois assuré être toujours "très confiant" quant à la "solidité" de l'économie américaine et ses "perspectives de croissance à long terme".

Selon Ernie Patrikis, consultant financier chez White and Case à New York, "l'accord est un bon pas en avant, mais il est possible que les concessions sur les dépenses endommagent l'économie".

Adopté lundi par 269 voix contre 161 à la Chambre des représentants, le compromis sur la dette n'a pas pour autant convaincu tous les élus, les deux partis reconnaissant que l'accord n'est "pas parfait".

Les élus démocrates ont exprimé leur mécontentement depuis dimanche notamment au sujet du manque de nouvelles recettes fiscales dans le texte, un point sur lequel le président Barack Obama a dû céder face aux républicains.

Selon un sondage CNN/Opinion research poll, 60% des Américains désapprouvent le fait que le texte ne contienne pas de hausse d'impôts pour les plus riches.

Eric Cantor, le numéro deux de la Chambre, a estimé lundi que ce plan n'était "pas parfait" mais qu'il allait "commencer à changer la culture (budgétaire) ici à Washington".

L'accord prévoit un relèvement du plafond de la dette d'au moins 2.100 milliards de dollars, pour permettre au Trésor de faire des emprunts après le 2 août, selon le Bureau du budget du Congrès (CBO), un organisme neutre. Le tout pour tenir jusqu'en 2013, soit après la prochaine présidentielle à laquelle M. Obama est candidat.

Une commission spéciale bipartite du Congrès devra se mettre d'accord -- avant Thanksgiving, fin novembre -- sur des baisses de dépenses supplémentaires, après une première tranche de 1.000 milliards de dollars.

Dans le cas où aucun accord n'interviendrait sur des réductions supplémentaires, un mécanisme contraignant se mettrait en place, imposant des réduction budgétaires automatiques.