Dette américaine : Obama prend les Américains à témoin, les négociations continuent

 Le président Barack Obama doit défendre en public sa stratégie de réduction des déficits vendredi, pendant que se poursuivent en coulisses des négociations acharnées avec le Congrès afin d'éviter aux Etats-Unis de se retrouver en défaut de paiement après le 2 août.M. Obama, qui n'a plus quitté la région de Washington depuis le début du mois de juillet, doit participer à 11H00 (15H00 GMT) à une séance de questions-réponses dans une université à College Park (Maryland, est), dans la proche banlieue nord de la capitale fédérale.

Il évoquera "les efforts en cours pour parvenir à une approche équilibrée de la réduction des déficits", selon la Maison Blanche. Cette intervention s'inscrit dans une campagne tous azimuts pour tenter de gagner la bataille de l'opinion publique face aux républicains.

En jeu, le marché qui va devoir être conclu entre le président et ses adversaires, qui contrôlent la Chambre des représentants: ces derniers refusent de relever le plafond réglementaire de la dette sans réductions drastiques des dépenses budgétaires, et ne veulent pas entendre parler de hausses d'impôts pour combler le déficit.

Depuis le début de ce feuilleton en mai, M. Obama a concédé que des coupes étaient nécessaires, mais souhaité aussi mettre fin aux cadeaux fiscaux consentis aux plus riches par son prédécesseur républicain George W. Bush.

"Oui, il faut procéder à des coupes importantes. Mais il faudrait aussi demander aux plus riches et aux plus grandes entreprises de payer leur juste part via une réforme fondamentale du code des impôts", a plaidé M. Obama dans une tribune publiée vendredi par le journal USA Today.

De source démocrate, les négociations se poursuivent sur plusieurs accords de sortie de crise, alors que l'approche de l'échéance du 2 août et la perspective d'un défaut de paiement de la première économie mondiale alimentent la nervosité des marchés, déjà ébranlés par la crise de la dette grecque.

M. Obama s'est prononcé pour un plan d'économies ambitieux de 4.000 milliards de dollars sur 10 ans, soit moins du tiers du plafond actuel de la dette, qui a atteint le montant record de 14.294 milliards de dollars depuis la mi-mai.

De leur côté, les républicains de la Chambre ont adopté cette semaine un projet de réduction drastique des dépenses. Mais le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, a annoncé pour vendredi un vote destiné à écarter définitivement ce texte, de toutes façons menacé de veto par M. Obama.

Le président a reçu M. Reid et la dirigeante de la minorité démocrate à la Chambre, Nancy Pelosi, pendant près de deux heures jeudi soir à la Maison Blanche. La base démocrate redoute de voir M. Obama accepter un grignotage d'acquis qui lui sont chers, comme les grands programmes sociaux.

"Je le dis aussi bien au président qu'au président de la Chambre (le républicain John Boehner, NDLR), au nom des démocrates, et je pense, de beaucoup de républicains: soyez très prudents", a prévenu M. Reid vendredi matin en séance au Sénat.

"Faites très attention à cette négociation, parce que tout accord devra être juste pour tous les Etats-Unis, pas seulement les riches", a souligné cet allié de M. Obama.

Les démocrates ont été scandalisés jeudi par des informations de presse selon lesquelles MM. Obama et Boehner étaient sur le point de parvenir à un accord sur une réduction des dépenses de 3.000 milliards de dollars. La Maison Blanche et le bureau du dirigeant républicain ont énergiquement démenti.