Début du sommet Sarkozy-Merkel sur fond de tensions sur le marché parisien

 Le sommet entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sur la crise de la dette en zone euro a débuté mardi après-midi, une réunion attendue avec fébrilité par les marchés après la tourmente de la semaine dernière et l'annonce de mauvais chiffres de croissance en Europe.La chancelière allemande est arrivée peu avant 16H00 à l'Elysée. Cette rencontre est très attendue pour tenter de rassurer les investisseurs sur la viabilité de la zone euro, frappée par la crise de la dette publique qui touche notamment la Grèce, l'Espagne, et l'Italie, et alors que la France a été la cible des marchés la semaine dernière.

"Les marchés attendent un signe très fort: Y-a-t-il un pilote dans l'avion pour gouverner la zone euro? Va-t-on enfin parler d'une même voix au sein du couple franco-allemand et cesser d'entretenir la cacophonie qui perdure depuis de longs mois?", demande un analyste parisien sous couvert d'anonymat.

"C'est une journée de tous les dangers. Si les signaux ne sont pas suffisamment constructifs à l'issue de ce sommet, le marché va se réveiller avec une vraie gueule de bois", estime Philippe Waechter, directeur des études économiques chez Natixis AM.

Cette rencontre est d'autant plus importante que la croissance est atone en zone euro, notamment en Allemagne première économie de l'Union monétaire, ce qui plombe le marché.

La dynamique "reste très fragile, ce qui continue à perturber énormément les investisseurs", commente M. Waechter.

"Ces chiffres confirment que le noyau dur économique européen n'est pas en mesure de soutenir les pays fragiles de l'Union monétaire, ce qui renforce le risque déjà existant d'éclatement de la zone euro", souligne pour sa part Jennifer McKeown, économiste chez Capital Economics.

A 16H12 (14H12 GMT), le CAC 40 abandonnait 0,90% à 3.209,97 points.

Concentrés sur la zone euro, les investisseurs faisaient peu de cas de la confirmation de la note américaine à AAA par l'agence d'évaluation financière Fitch Ratings, une annonce largement anticipée.

Leurs attentes sur l'issue du sommet pourraient être rapidement douchées, Berlin ayant prévenu qu'il ne fallait pas s'attendre à quelque chose de "spectaculaire", et surtout pas à une mise en place immédiate d'euro-obligations, qui seraient financièrement préjudiciables à l'Allemagne.

Mais le sujet commence à faire débat au sein de la classe politique française et allemande, des députés du parti CDU de la chancelière allant même jusqu'à envisager un tel mécanisme.

La rencontre Sarkozy-Merkel devrait au final essentiellement porter sur la gouvernance de la zone euro, dans la foulée des décisions prises par les chefs d'Etat et de gouvernement européens fin juillet.

La Commission européenne a pour sa part rappelé que les décisions annoncées devraient ensuite être discutées avec les autres pays de l'Union monétaire tandis qu'Amsterdam a souhaité que les pays de la zone euro qui ne respectent pas certaines règles concernant leur budget soient sanctionnés.

Dans l'espoir de mettre un terme aux attaques des marchés, les dirigeants européens restent mobilisés sur l'assainissement des finances publiques, à l'image de Nicolas Sarkozy qui a déjeuné avec le Premier ministre François Fillon pour examiner les propositions de Bercy afin de réduire les déficits publics.

Craignant que les cures de rigueur européennes ne tuent la croissance, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a appelé les Etats à faire preuve de discernement.

"Ne laissons pas le coup de frein budgétaire bloquer la reprise mondiale", a-t-elle plaidé dans le Financial Times.