Crise de la dette: les taux espagnols, grecs et italiens au plus haut

 Les taux longs de la Grèce, de l'Italie et de l'Espagne sont montés en flèche lundi, enregistrant de nouveaux records depuis la création de la zone euro, le marché doutant de la résolution de la crise de la dette en zone euro.Vers 16H00 (14H00 GMT), les rendements à 10 ans grecs s'établissaient à 17,727%, ceux de l'Espagne à 6,250% et ceux de l'Italie à 5,909%, après être passés au-dessus des 6%.

Ces taux très élevés symbolisent la défiance des investisseurs envers les titres de dette de ces pays, alors que les dirigeants européens peinent à convaincre de leur capacité à trouver une solution durable à la crise en zone euro.

Un sommet extraordinaire est prévu jeudi à Bruxelles, pour boucler un deuxième plan de sauvetage de la Grèce, indispensable afin d'éviter la contagion de la crise de la dette.

"Le marché est à feu et à sang. La maison brûle", prévient Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis.

"Il y a beaucoup d'incertitudes et d'attentes avant le sommet. On se demande si on arrivera ou pas à une réponse efficace, ambitieuse et globale à la crise de la dette", explique-t-il.

Pour l'heure, de fortes divergences persistent au sein de l'Europe, en particulier entre l'Allemagne, qui veut voir les banques participer au plan d'aide à Athènes, et la Banque centrale européenne (BCE) qui exclut tout défaut de la Grèce.

"Le marché a bien conscience que s'il n'y pas d'accord, les niveaux de taux actuels vont rendre la dette complètement insoutenable", explique le stratégiste.

Or, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) n'est pour l'heure pas calibré pour voler au secours de pays de la taille de l'Espagne et de l'Italie.

Plus globalement, les marchés déplorent le manque d'ambition des dirigeants européens et réclament désormais une solution "crédible et globale", ajoute M. Robin.