Budget: derniers arbitrages avant la cure d’austérité dévoilée mercredi

 Le gouvernement a planché lundi sur les épineux arbitrages du dernier budget du quinquennat, marqué par la crise de la dette, François Fillon s'entretenant par téléphone avec les partenaires sociaux, qui ont exprimé leur inquiétude face au tour de vis budgétaire annoncé.Pour permettre à la France d'atteindre son objectif "intangible" -selon le terme du Premier ministre- de réduction de son déficit et rassurer les marchés financiers, ces mesures devraient prévoir un effort supplémentaire compris entre 5 et 10 milliards d'euros, même si cette fourchette peut encore évoluer.

Après une dernière réunion de calage à l'Elysée mercredi, François Fillon présentera les mesures choisies pour ramener le déficit public de 5,7% du PIB attendus cette année à 4,6% en 2012, soit une réduction d'une vingtaine de milliards d'euros. En ligne de mire, l'objectif des 3% en 2013, seuil autorisé par les traités européens. M. Fillon sera ensuite l'invité du 20H de TF1.

D'après Bercy, les réunions d'arbitrage étaient toujours "en cours" lundi. Quant au rendez-vous de mercredi, il s'agira d'"une sorte de présentation du budget avant l'heure", destinée à éloigner le spectre d'une dégradation de la note de la France.

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2012, qui mettra en musique cette cure d'austérité et sera examiné par le Parlement à l'automne, sera présenté en septembre en Conseil des ministres.

La philosophie générale des mesures attendues est de prévoir un "effort équitablement réparti entre les ménages aisés et les moins aisés, mais aussi entre les grands groupes et les sociétés", dit-on à Bercy.

Une taxation des très hauts revenus, sur laquelle s'était engagé le gouvernement au printemps, semble acquise mais il reste à en fixer le montant et le seuil des revenus concernés.

Le gouvernement devrait aussi revoir, selon une source proche du dossier, le mécanisme de report des déficits par les entreprises.

Une autre piste mène aux exonérations de taxation sur plus-values réalisées lors de la vente d'une résidence secondaire. Les niches fiscales pourraient aussi subir un nouveau coup de rabot. Le mois dernier, M. Sarkozy a toutefois affiché son intention de ne pas toucher à celles "au service de l'emploi".

A huit mois de la présidentielle, le gouvernement entend trouver, selon Bercy, "le bon dosage pour assainir les finances publiques sans affaiblir une croissance encore convalescente", qui a même été nulle au deuxième trimestre. L'objectif de croissance très ambitieux (+2,25%) pour 2012 devrait être révisé.

En première ligne, François Fillon s'est entretenu dimanche soir et lundi avec les représentants des partenaires sociaux, qui seront ensuite reçus à tour de rôle à Matignon à partir de jeudi. Mercredi soir, certains syndicats devaient se réunir de leur côté.

Dans un communiqué, le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a dit avoir réclamé "des mesures de soutien social aux salariés et aux entreprises". Selon lui, "le Premier ministre a convenu qu'il était important de protéger la croissance, les petites entreprises et l'emploi, et de soutenir les personnes les plus défavorisées".

Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault s'est montré critique, estimant que le gouvernement entendait se contenter "de mesures pour rassurer les marchés".

Quant à Jacques Voisin (CFTC), tout en jugeant la rigueur "nécessaire", il a mis en garde contre des mesures d'"austérité" portant atteinte à la croissance.

La présidente du Medef Laurence Parisot a pour sa part appelé lundi "à ne pas pénaliser" les entreprises.