Bourse de Paris: le marché n’est pas à la fête

 La Bourse de Paris n'avait pas l'humeur à la fête jeudi, en ce jour de célébration nationale, cédant 0,78% en début de séance, dans un marché de plus en plus inquiet d'une dérive des dettes publiques des deux côtés de l'Atlantique après les avertissements des agences de notation.A 09H30 (07H30 GMT) l'indice vedette CAC 40 abandonnait 28,91 points pour s'inscrire à 3.765,22 points.

La séance qui théoriquement devrait être moins animée que d'habitude --de nombreux investisseurs ayant commencé à prendre leurs quartiers d'été--, s'annonce très nerveuse, le thème de la crise de la dette prenant le pas sur tous les autres sujets, estime le courtier IG Market.

Les nouvelles inquiétantes se sont en effet succédées mercredi avec deux coups de semonce l'un après l'autre. Tout d'abord l'agence Fitch a dégradé de trois crans la note souveraine de la Grèce, à CCC, contre B+ auparavant. Elle se rapproche dangereusement de la note "DDD", réservée aux émetteurs de dette qui sont insolvables.

Quelques heures plus tard, nouveau coup dur mais de l'autre côté de l'Atlantique: Moody's a annoncé envisager d'abaisser la note de la dette des Etats-Unis, actuellement "Aaa". L'agence s'inquiète d'une "probabilité croissante que le plafond légal de la dette ne soit pas relevé dans les temps" ce qui empêcherait l'Etat fédéral d'assurer ses paiements.

Face à cette situation difficile, la petite bouffée d'oxygène apportée par la Fed (Réserve fédérale américaine) quand elle a évoqué mercredi la possibilité d'un nouveau programme de soutien à l'économie, ne fait pas le poids, soulignent les analystes du Crédit Agricole.

D'autant que, pour les analystes du Crédit Mutuel-CIC, il faut se montrer très prudent. D'une part "il semble que Ben Bernanke (président de la Fed, NDLR) ne fait que répéter des propos déjà connus" et d'autre part "nous considérerions l'adoption de nouvelles mesures très défavorablement en terme d'indication quant aux perspectives de la croissance mondiale".

Dans les salles de marché, on regrette toujours aussi amèrement l'absence de mesures fermes de la part des dirigeants européens et le fait qu'un Sommet n'ait pas lieu vendredi.

Toutes les valeurs du CAC 40 étaient dans le rouge à l'exception notable de Lafarge (+1,82% à 40,35 euros), dopé par son intention de céder pour un milliard d'euros ses activités plâtre en Europe et en Amérique du Sud au groupe belge Etex.

En tête des baisses on note le secteur technologique avec Alcatel-Lucent (-2,51% à 3,72 euros), Cap Gemini (-1,99% à 37,70 euros), Soitec (-1,32% à 6,59 euros).

Air France, menacé par une grève du 29 juillet au 1er août inclus par deux syndicats de pilotes minoritaires, perdait 0,68% à 9,51 euros.

Les banques cédaient du terrain mais sans excès: la Société Générale (-0,75% à 35,68 euros), Natixis (-0,92% à 3,24 euros), BNP Paribas (-0,56% à 46,26%), Crédit Agricole (-0,23% à 8,92 euros).

Thales, qui a remporté avec Dassault un contrat en Inde pour la modernisation de 51 Mirage 2000 d'une valeur de 2,4 milliards de dollars, perdait 0,36% à 27,95 euros.