Besson à la rescousse de Total sur la répercussion des prix à la pompe

 Le ministre de l'Energie Eric Besson a volé mardi à la rescousse de Total, en assurant que le groupe pétrolier et les autres distributeurs de carburants en France répercutaient les baisses de cours de l'or noir "aussi vite" que les hausses sur leurs prix à la pompe.S'appuyant sur une étude menée par ses services sur l'évolution hebdomadaire des prix des carburants par rapport à celle des cours du pétrole au cours des six derniers mois, M. Besson a été très affirmatif à l'issue d'une rencontre avec le patron de Total, Christophe de Margerie.

Les résultats sont "très clairs": "Total a répercuté à la baisse aussi vite qu'à la hausse l'évolution des prix du pétrole", a assuré le ministre, précisant que l'ensemble des distributeurs hexagonaux avaient suivi le même mouvement.

"Pour que la transparence soit encore plus grande, j'ai demandé à mes services d'aller plus loin et de faire cette étude sur une base quotidienne sur la période du 15 mai au 15 juillet", a-t-il ajouté.

"On ne peut pas nier qu'il y a une tension liée à la demande croissante de produits pétroliers, la spéculation n'explique pas tout", a cependant prévenu le ministre, évoquant un "premier facteur d'explication, qui est la demande croissante des pays consommateurs, et notamment des pays émergents".

La polémique récurrente sur les prix des carburants, et le rythme de répercussion par les distributeurs de l'évolution des cours du pétrole à la baisse ou la hausse, avait été relancée il y a une dizaine de jours par le patron de Total, en pleine période de départs en vacances.

Après une baisse suite à la décision fin juin des pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) de puiser dans leurs stocks stratégiques de pétrole, M. de Margerie avait averti début juillet d'une nouvelle remontée des prix à la pompe.

Dans un premier temps, la décision de l'AIE avait fait baisser les prix à la pompe en France d'environ 4 centimes, mais ceux-ci avaient déjà repris 2 centimes à peine deux semaines plus tard.

Et les prix ont de nouveau augmenté la semaine dernière, selon la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) qui chiffre en moyenne à 1,3357 euro le litre de gazole, contre 1,3061 la semaine précédente, à 1,5179 celui de SP95 (contre 1,4844) et à 1,5535 le litre de SP98 (contre 1,5224).

Comme il l'avait déjà fait la veille, Eric Besson a de nouveau fustigé mardi des "déclarations extravagantes" de responsables politiques qui, au plus fort de la polémique sur les carburants, avaient pointé du doigt les profits astronomiques de Total (plus de 10 milliards d'euros en 2010).

"Il y a un certain nombre d'hommes politiques qui décident de mettre de l'huile sur le feu", a-t-il dénoncé.

Le ministre s'est en revanche attaché à relativiser l'importance de sa rencontre du jour avec M. de Margerie: "Mes rencontres avec les dirigeants des principales entreprises énergétiques sont régulières", a-t-il assuré.

Celle de mardi avec le patron de Total était prévue depuis "trois semaines-un mois", soit avant la relance de la polémique sur les carburants.

"Nous avions prévu de nous rencontrer depuis longtemps, cela fait partie des réunions normales entre une entreprise comme Total et notre ministre de tutelle", a renchéri de son côté Christophe de Margerie.

"Cette réunion aujourd'hui (mardi) s'est élargie à un certain nombre de sujets", a-t-il simplement ajouté, sans en dire plus sur son entrevue avec le ministre.