Baisse en vue des prix à la pompe de plusieurs centimes

 La chute des prix du pétrole, sur fond de crainte d'une croissance mondiale en berne, laisse espérer pour les consommateurs une baisse de plusieurs centimes des prix à la pompe, les pétroliers ayant promis de répercuter les cours du brut dans l'évolution du prix des carburants."Le pétrole a baissé d'environ 10 dollars au baril depuis environ huit jours. Dans ces conditions, sauf si le brut remonte, il y a 4 ou 5 centimes d'euro du litre de baisse de carburant qui doit intervenir", explique Jean-Louis Schilansky, président de l'Ufip (Union française des industries pétrolières).

La crainte d'une croissance ralentie, aux Etats-Unis et dans le monde, qui a bouleversé les marchés mondiaux depuis la rétrogradation de la note des Etats-Unis par l'agence Standard and Poor's vendredi, a également fait chuter les cours du baril de pétrole de plusieurs dollars.

Mercredi à mi-journée, le baril de Brent de la Mer du Nord pour livraison en septembre s'échangeait aux alentours de 105 dollars.

"Avant la fin de la semaine, les automobilistes verront de manière très pratique et significative cette baisse", assure Alexandre de Benoist, délégué général de l'Union des importateurs indépendants pétroliers (stations Carrefour, Casino, Cora et Auchan).

D'après lui, on peut carrément "s'attendre à une baisse entre 10 à 15 centimes des prix à la pompe" pour les stations de la grande distribution, souvent moins chères, car en self-service.

Pour M. Schilansky, la baisse des tarifs interviendra "graduellement dans les dix à douze jours qui sont devant nous".

Si un petit délai peut exister, les baisses de tarifs devraient être du même ordre pour le litre de gazole et le litre d'essence sans plomb.

Mais pour l'heure, les relevés de la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), qui donnent des prix moyens calculés sur le territoire national, ne reflètent pas grand chose.

Pour la semaine terminée le 5 août, le prix du gazole, de loin le carburant le plus consommé en France, s'est vendu en moyenne à 1,3357 euro le litre, contre 1,3372 euros la semaine précédente.

Le litre de super sans plomb 95 s'est lui échangé 1,5216 euro, contre 1,5199 euro la semaine d'avant.

Sur deux semaines, ces prix s'inscrivent toutefois tous les deux en recul d'à peu près un centime.

Pour 2011, l'Agence internationale de l'énergie (AIE), côté consommateurs, et l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), côté producteurs, viennent chacun de revoir à la baisse leur prévision de demande mondiale de pétrole, ce qui devrait contribuer à peser encore sur les cours de l'or noir.

Une polémique avait éclaté en juillet sur l'attitude des pétroliers, accusés d'être plus prompts à relever les prix des carburants qu'à les baisser. Cela avait valu au patron de Total, Christophe de Margerie, des recadrages des ministres de l'Economie François Baroin et de l'Energie Eric Besson.

"Total s'est engagé à répercuter les hausses ou les baisses du prix du baril du pétrole, mais il faut un certain temps de lissage", a souligné de nouveau une porte-parole de Total mercredi.

Fin juillet, au moment des grands chassés-croisés de vacanciers sur les routes françaises, le secrétaire d'Etat à la Consommation, Frédéric Lefebvre, avait demandé à la DGCCRF de renforcer ses contrôles sur les prix du carburant dans les stations-services.

Les agents de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes sont chargés de comparer les prix mis en ligne en temps réel par les gérants de 10.000 stations-services sur le site internet du gouvernement (http://www.prix-carburants.gouv.fr/) à ceux affichés.