Baisse bienvenue du chômage aux USA en période de doutes sur la croissance

 Le taux de chômage a baissé en juillet aux Etats-Unis grâce à une nette amélioration des embauches dans le secteur privé, une amélioration bienvenue en des temps difficiles, où la croissance de la première économie mondiale suscite des doutes.D'après des chiffres publiés vendredi par le département du Travail, ce taux de chômage est descendu de 0,1 point à 9,1%, alors que les analystes tablaient sur une stabilité à 9,2%.

Les créations d'emplois se sont nettement améliorées, à 117.000 en juillet. De plus, celles des deux mois précédents ont été nettement révisées à la hausse, à 46.000 en juin (contre 18.000 auparavant estimé) et 53.000 en mai (contre 25.000).

"C'est un soulagement", a affirmé Ian Shepherdson, du cabinet de consultants High Frequency Economics. "Ces chiffres ne sont pas formidables dans l'absolu, la croissance de l'emploi ayant notablement ralenti ces derniers mois, mais ils sont loin d'indiquer une récession".

Fin juillet, le blocage des négociations entre parlementaires sur le budget et la publication de chiffres de croissance exécrables pour le premier semestre (moins de 1% en rythme annuel) avaient accentué les craintes d'une nouvelle récession aux Etats-Unis.

Ces craintes étaient au plus haut jeudi, journée noire pour Wall Street et les marchés financiers mondiaux. Elle se sont dissipées en partie vendredi.

Pour l'économiste indépendant Joel Naroff, "ces chiffres démontrent tout simplement que l'économie n'est pas en récession".

Un avis partagé par Harm Bandholz, de la banque italienne Unicredit, pour qui "la révision des gains de l'emploi et leur reprise en juillet semble corroborer notre intuition selon laquelle la détérioration soudaine du marché du travail en avril et mai a été principalement due à des facteurs provisoires".

L'emploi public a diminué pour le neuvième mois consécutif, de 37.000 postes, principalement à cause d'un facteur temporaire, la mise au chômage partiel de fonctionnaires du Minnesota faute de budget pour cet Etat début juillet.

En revanche, le secteur privé a enregistré 154.000 embauches nettes à lui seul, après deux mois où le rythme de ses recrutements avait considérablement ralenti.

Le département du Travail a relevé les créations d'emplois "dans la santé, le commerce de détail, l'industrie manufacturière et minière".

Mais le chemin reste long avant que les Américains ne se satisfassent du rythme des embauches. Les économistes considèrent généralement qu'il faut entre 100.000 et 150.000 créations de postes par mois, ne serait-ce que pour en offrir un aux nouveaux entrants sur le marché du travail.

La popularité de M. Obama a été mise à rude épreuve par la dégradation de la conjoncture économique ces derniers mois, alors qu'il cherche à se faire réélire en novembre 2012.

"Le taux de chômage reste à un niveau inacceptable", relevait vendredi un conseiller économique du président Barack Obama, Austan Goolsbee, sur le blog de la Maison Blanche.

"Maintenant il faut concentrer tous nos efforts sur la chose suivante: comment faire remonter le taux de croissance au second semestre", ajoutait-il sur la chaîne Bloomberg TV.

M. Goolsbee a écarté les risques d'une deuxième récession. "Nous avons encore de la croissance, nous avons créé 2,4 millions d'emplois depuis 17 mois", a-t-il dit. "Ce n'est pas à cela que ressemble une double récession".