Athènes devrait recevoir la 5e tranche du prêt, mais l’après est en question

 La Grèce est en voie de conclure ses discussions avec ses créanciers pour le versement de la cinquième tranche du prêt accordé en 2010 par l'UE et le FMI, tout en préparant à la hâte un vaste plan de privatisations pour tenter de rassurer ses créanciers sur l'avenir.La mission de la Troïka, nom donné aux hauts représentants des trois bailleurs de fonds du pays, Union Européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne, commencée le 10 mai, devrait rendre d'ici la fin de la semaine ses conclusions sur l'état financier du pays, retardées exceptionnellement depuis plusieurs jours.

"Nous concluons la négociation et j'espère qu'elle sera finie aujourd'hui, demain ou jusqu'à mercredi, pour prendre effectivement la cinquième tranche" du prêt, a indiqué lundi le ministre grec des Finances Georges Papaconstantinou sur la télévision publique Net.

Selon le porte-parole du ministère des Finances allemand, fixant lui comme délai probable la fin de semaine, les conclusions de la Troïka seront discutées lors d'une réunion des ministres des Finances européens (Ecofin) à Luxembourg le 20 juin.

Selon M. Papaconstantinou, la Grèce table désormais sur un feu vert pour le versement de la cinquième tranche du prêt, de 12 milliards d'euros, afin d'honorer ses besoins immédiats.

Mais la question de l'après se pose en termes désormais brutaux, et la cacophonie de la semaine passée entre Bruxelles, Berlin, Paris ou Athènes n'a guère dégagé l'horizon.

Il semble inévitable qu'Athènes ait besoin une nouvelle fois d'un soutien, que ce soit sous la forme d'une éventuelle rallonge financière au prêt UE-FMI de 110 milliards d'euros de mai 2010, et/ou celle d'un allongement des échéances de remboursement de ses obligations arrivant à maturité en 2012, le pays apparaissant dans l'incapacité de se refinancer alors sur les marchés.

Le ministre grec des Finances a confirmé à mots couverts la tenue de discussions sur une aide complémentaire, disant "comprendre" la difficulté de ses homologues à retourner devant leurs parlements respectifs pour faire voter des plans d'aide successifs à la Grèce, l'Irlande, le Portugal, puis de nouveau la Grèce.

"Ce n'est pas de l'argent qu'on trouve d'un coup, les Parlements des partenaire doivent être convaincus", a-t-il insisté lundi sur Net.

Mais la Commission européenne a nié lundi à Bruxelles la tenue de discussions sur un "reprofilage" de la dette.

En attendant, en matière de gage que doit donner la Grèce, un autre débat fait rage dans toute l'Europe, celui des privatisations qui attise aussi bien convoitises que craintes.

Avec une dette "d'environ 350 milliards d'euros" selon le ministre des Finances, la Grèce est loin d'être insolvable en matière d'actifs, comme le montre la liste publiée la semaine dernière des cessions d'ici 2013 (électricité, aéroport, ports, société d'eau, jeux...).

L'UE a demandé à ce que les privatisations soient conduites par une agence comportant des représentants étrangers, inspirée du modèle allemand de la Treuhandanstalt, chargée des privatisations en Allemagne de l'est après la chute du mur.

"Ce qui a été demandé, et cela nous l'acceptons totalement, c'est qu'il y ait un soutien et du savoir-faire de la part d'autres pays qui ont fait un travail similaire", a reconnu M. Papaconstantinou.

Mais la presse grecque craint que ces actifs rassemblés au sein d'une même agence ne soient en fait accordés en garantie ou hypothèque aux pays prêteurs.

"Il y a des pays qui ont dit +nous donnerons de l'argent seulement à la condition qu'il y ait un genre de garantie+, mais il n'y a pas de décision en ce sens. Nous ne considérons pas que c'est juste", a dit M. Papaconstantinou.