Après la zone euro, le marché va revenir à ses préoccupations habituelles

 Soulagée par l'accord sur la Grèce au sommet de la zone euro, la Bourse de Paris a redressé la tête et devrait, la semaine prochaine, pouvoir enfin se concentrer sur les nombreux indicateurs économiques et les résultats des sociétés, dont la saison bat son plein.Sur la semaine écoulée, l'indice parisien a gagné 3,12% à 3.842,70 points.

Après une journée noire lundi, quand la cote est tombée à son plus bas de l'année (3.650,71 points à la clôture), le marché n'a cessé par la suite de remonter, porté par les espoirs d'un règlement de la crise de la dette en zone euro.

Au lendemain du sommet extraordinaire de Bruxelles, le soulagement était manifeste vendredi. Les marchés ont salué les mesures prises à Bruxelles, qui évitent une contagion de la crise et créent les grandes lignes d'un système préventif tout en allouant une nouvelle aide à la Grèce.

Cela suffira-t-il à dissiper toutes les tensions? Non, répondent les analystes qui soulignent que la situation dans son ensemble reste fragile, avec des zones d'ombre qui perdurent et vont conduire les investisseurs à adopter une attitude très prudente.

Si l'accord européen lève de nombreuses hypothèques sur la zone euro et va soulager à court terme les marchés, les interrogations restent nombreuses et au premier rang d'entre elles celles sur la croissance économique aux Etats-Unis et en Europe.

Rivés sur les problèmes de la dette, les investisseurs en ont presque oublié de s'intéresser à la situation de l'économie mondiale et pourraient avoir prochainement de mauvaises surprises, pointe dans sa note hebdomadaire Marc Touati, économiste chez Assya.

"La croissance reste molle et si la récession n'est pas encore de retour elle se rapproche dangereusement", estime-t-il.

A ce titre, la première estimation du PIB américain pour le deuxième trimestre, vendredi prochain, sera très suivie par les marchés tout comme les nombreux autres indicateurs américains publiés la semaine prochaine sur la confiance des consommateurs, les commandes de biens durables et l'immobilier.

Autre sujet en cours et qui pèse également sur les Bourses celui de la dette américaine.

Les investisseurs vont suivre de très près la manière dont les Etats-Unis vont gérer ce problème qui "est un sujet très sensible ayant une grande influence sur les indices boursiers américains et par ricochet sur les places européennes", souligné Christian Parisot, économiste chez le courtier Aurel BGC.

Si un accord est conclu avant lundi, les marchés seront là encore soulagés et pourront sans difficulté passer à autre chose mais, dans le cas contraire, la cote restera suspendue à ce dossier, prédit-il.

La poursuite des publications trimestrielles sera un autre facteur important de la semaine, avec une pluie de résultats des deux côtés de l'Atlantique.

En France, l'agenda sera particulièrement chargé, puisque de nombreuses entreprises du CAC 40 communiqueront leur rapport financier, dont LVMH, PSA Peugeot Citroën, Renault, France Télécom, Lafarge, Saint Gobain, Alcatel-Lucent ou encore Vallourec.

Le début de la saison a été bon, souligne M. Parisot: pour l'instant, plus de trois quart des résultats des sociétés américaines se sont révélés supérieurs aux attentes. Mais le gros reste à faire car pour l'instant seuls 30% des groupes américains ont fait connaître leurs résultats trimestriels.