Air France s’installe à Marseille pour contrer les low cost

 Face à la concurrence accrue de compagnies comme easyJet ou Ryanair, Air France mise sur un nouveau modèle: des vols au départ de Marseille à prix réduits, mais avec un service digne d'une compagnie traditionnelle, afin de reprendre des parts de marché aux low cost.Dès octobre, Air France va proposer depuis Marseille 13 nouvelles liaisons vers Mulhouse, Biarritz, Brest, Athènes, Copenhague, Moscou, Beyrouth, Istanbul ou Casablanca.

Sur les destinations domestiques, ou du type Düsseldorf ou Prague, le billet sera proposé à partir de 50 euros TTC. Ailleurs, ce sera plus cher.

"On a trois grilles de prix selon la distance. Sur Moscou, c'est un peu plus cher car la distance n'est pas la même", a souligné Bruno Matheu, directeur général délégué commercial d'Air France, lors d'une conférence de presse à Marseille.

Pour proposer des billets moins chers, Air France avait deux solutions: soit proposer un service minimum comme les compagnies aériennes low cost, soit trouver une nouvelle organisation du travail.

"Nous n'avons pas du tout l'intention d'offrir à bord de ces avions un service low cost", a insisté Pierre-Henri Gourgeon, directeur général d'Air France.

Le billet à 50 euros "comprend environ 21 euros de taxes", selon la compagnie. Le paiement par carte, l'enregistrement sur internet et le choix du siège sont quant à eux gratuits, alors que certains concurrents facturent ces services six euros, a tenu à préciser M. Matheu.

La stratégie d'Air France s'oppose donc à celles des compagnies à bas coûts qui facturent tous ces services mais proposent des billets à des prix encore plus bas.

De son côté, Air France va organiser les choses différemment en installant des "bases" en province: Marseille en octobre, puis Nice, Bordeaux et Toulouse en 2012.

Ainsi, les avions comme le personnel partiront de province et non plus de Paris. A terme, la compagnie française compte réduire les coûts d'environ 15% et augmenter la productivité de 25%.

Concrètement, il sera proposé aux personnels navigants vivant dans la région de Marseille de faire plus d'heures de vol mais de façon groupée. Aux pilotes par exemple, il sera proposé de faire 715 heures de vol par an, contre 550 ou 600 heures actuellement, a détaillé M. Gourgeon.

"A l'heure de vol, la rémunération baisse mais la rémunération par jour augmente" et les pilotes pourront être plus souvent chez eux, a-t-il précisé.

Interrogé par l'AFP, François Bacchetta, directeur général d'easyJet, a estimé que "faire du Air France avec une meilleure qualité prix, c'(était) possible, après tout dépend de la magnitude de leur baisse de prix".

"Air France n'est pas une compagnie low cost. Pour faire ce qu'on fait, il faut faire autrement. C'est une culture et une organisation basées sur la simplicité pour offrir ces bénéfices aux consommateurs", a-t-il ajouté, assurant qu'aujourd'hui "la différence de prix entre Air France et easyJet est de 50%".

Les pilotes d'Air France ont approuvé à près de 55% cette nouvelle organisation, par voie de référendum. Avec le personnel navigant commercial (PNC) en revanche, la compagnie ne devrait pas trouver de terrain d'entente.

Les trois syndicats d'hôtesses et stewards représentatifs chez Air France -Unsa, Unac et SNPNC- ont en effet décidé de ne pas signer le projet d'accord.

"Nous n'étions pas opposés au projet de bases en province, mais il n'est pas question d'en profiter pour revenir sur les acquis sociaux des dernières décennies", a réagi auprès de l'AFP Philippe Sportès, responsable Unsa.

M. Gourgeon a pour sa part précisé que ce projet pourrait être mise en place sur la base du volontariat, même en l'absence d'un accord.

La compagnie avait pourtant toujours affirmé que cette nouvelle organisation ne se ferait pas sans l'aval du personnel.