Air France: perturbations limitées ce week-end en raison d’un préavis de pilotes

 Air France a évité ce week-end de chassé-croisé la grève des hôtesses et stewards mais pas celle à l'appel de syndicats minoritaires de pilotes dès vendredi, dont la portée devrait être limitée, la compagnie prévoyant néanmoins des perturbations dans le trafic."Air France prévoit quelques perturbations dans l'exploitation de ses vols" mais "actuellement, tous les vols sont maintenus", a indiqué jeudi à l'AFP un porte-parole de la compagnie confrontée à des remous sociaux à répétition en cette période estivale.

Outre la grogne chez les syndicats d'hôtesses et stewards et les trois syndicats minoritaires de pilotes (Spaf, Alter, R'Way), des mécaniciens multiplient depuis mi-juin des débrayages qui occasionnent des perturbations.

Quant au premier syndicat de pilotes, le SNPL, il a déposé au niveau national un préavis du 5 au 8 août pour exiger un arbitrage gouvernemental sur la réforme de la caisse complémentaire du personnel navigant.

A ce sujet, le ministre du Travail Xavier Bertrand a indiqué jeudi avoir "bon espoir" de trouver une solution à ce conflit.

La portée de l'appel à la grève des syndicats de pilotes Spaf, Alter et R'Way devrait être limitée en raison de leur audience modérée.

Avec 11,5% des voix aux dernières élections de mars 2011, le Spaf est le seul syndicat représentatif (au-dessus de la barre de 10%) parmi les pilotes avec le puissant SNPL (71,2%).

Alter a obtenu 7,4% des voix. R'Way s'est adossé lors de ces élections à la liste UNPL/Unac/CFE-CGC, qui a fait 8%, mais seul R'Way, dont l'audience n'a jamais dépassé 2% selon un pilote, s'est associé au préavis.

"C'est un combat d'arrière-garde des syndicats minoritaires qui s'opposent à une adaptation d'Air France au monde d'aujourd'hui", a commenté un membre du SNPL au sujet du préavis pour ce week-end. "Ils n'ont pas la représentativité suffisante pour signer un accord", a-t-il ajouté.

Spaf, Alter et R'Way ont déposé un préavis de vendredi à lundi pour exiger une réouverture des négociations sur les conditions de travail dans les futures bases Air France en province.

Des négociations ont eu lieu ce printemps et un texte a finalement été approuvé par le SNPL début juillet. Ce syndicat avait organisé un référendum parmi ses 2.200 adhérents. Au final, 75% ont répondu et parmi eux 54% ont dit oui à l'accord. Près de 900 pilotes d'Air France, qui en compte environ 4.000, ont donc approuvé le texte.

Le projet de bases Air France en province doit permettre de proposer des tarifs censés concurrencer les "low cost" sur certaines destinations.

Après Marseille, des bases doivent ouvrir à Nice, Toulouse et Bordeaux courant 2012. Les affectations du personnel navigant en province, normalement rattachés à Orly ou Roissy, se feront sur la base du volontariat.

Concernant les mécaniciens (4.000 salariés), les revendications sont salariales. Des débrayages se multiplient depuis la mi-juin.

Air France indique sur son site avoir, en raison de ce mouvement, "procédé à des modifications horaires de quelques vols long-courriers opérant à destination de Paris-Charles de Gaulle jusqu'au 1er août".

"Des retards sont possibles et nous n'excluons pas quelques annulations de vols", indique aussi la compagnie.

Côté syndical, Yann Pallanca, délégué du SNMAC/Unsa, affirme appeler "à des débrayages plus importants que d'habitude à partir de jeudi soir 22H00 jusqu'à mardi 2 août, 6H00 du matin".

Le SNMAC-Unsa (25%), Sud Aérien (20,6%) et la CGT (16%) appellent le personnel à se mobiliser.