Aide à la Grèce: un groupe de travail au sein de l’Eurogroupe

 Les pays de l'Eurogroupe vont mettre en place un groupe de travail chargé de régler les modalités d'une participation des créanciers privés à une nouvelle aide à la Grèce, point d'achoppement des discussions actuelles, a annoncé vendredi le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble."Pour trouver une bonne solution à laquelle la Banque centrale européenne peut souscrire, à laquelle la BCE doit souscrire, nous avons décidé avec l'Eurogroupe de mettre en place un groupe de travail qui va analyser la marge de manoeuvre étroite entre participation des créanciers privés et conséquences négatives sur les marchés financiers".

Le ministre a tenu ces propos dans un discours aux députés du Bundestag, chambre basse du parlement allemand.

L'implication des détenteurs privés de titres de dette grecs, banques et fonds d'investissement notamment, à une nouvelle aide financière à Athènes est une exigence forte de Berlin. Elle est "inévitable": elle installera "une répartition équitable des risques entre le contribuable et les créanciers privés", envoyant ainsi "le signal que l'on ne peut pas transférer tous les risques au contribuable".

En posant cette condition, Berlin se fait le relais des inquiétudes des députés de la majorité, et plus largement d'une opinion publique très réticente à passer une nouvelle fois à la caisse pour d'autres Européens endettés. Les décisions à prendre "sont difficiles pour beaucoup de citoyens", a reconnu M. Schäuble.

Il a tenté de mobiliser les députés pour qu'ils adoptent vendredi d'une résolution de soutien de principe à un nouveau soutien financier à Athènes, sans en préciser l'ampleur. Le chiffre de besoin de financement de 90 milliards d'euros circule en Europe.

Concrètement, le ministre propose un échange des obligations d'Etat grecques en circulation, pour les remplacer par d'autres titres de maturité de sept ans supérieure.

Mais la Banque centrale européenne (BCE) est opposée aux propositions de l'Allemagne en ce sens, a redit avec force le président de la BCE Jean-Claude Trichet jeudi.

"C'est le devoir de la BCE de se pencher sur les conséquences possibles (d'une telle participation) sur la liquidité" en zone euro, a reconnu M. Schäuble, affichant sa compréhension pour la position de M. Trichet et signalant une nouvelle fois son attachement à trouver une solution qui satisfasse l'institution monétaire.

La BCE a tout juste ouvert la porte à une solution qui verrait les créanciers s'engager racheter des obligations grecques quand celles qu'ils détiennent arrivent à maturité, le modèle du "rollover" en jargon financier, qui va beaucoup moins loin que ce que veut l'Allemagne.

De l'avis des économistes, c'est toutefois un compromis de ce type qui devrait ressortir au final. Un certain nombre de banques européennes ont signalé leur soutien à cette option.