Affaiblie par la dette, Wall Street attend des solutions

 La Bourse de New York, affaiblie cette semaine par le manque de cohésion politique sur la question des dettes souveraines en Europe comme aux Etats-Unis, attend des solutions tout en gardant un oeil sur la saison des résultats, qui s'accélère."Il semble que le marché se soit sorti avec difficultés des inquiétudes sur la Grèce, pour passer aux craintes entourant le plafond de la dette américaine", constate Hugh Johnson, de Hugh Johnson Advisors.

Sur la semaine écoulée, l'indice Dow Jones a reculé de 1,40% à 12.479,73 points. Le Nasdaq, à dominante technologique, a perdu 2,45% à 2.789,80 points et l'indice élargi Standard and Poor's 2,06% à 1.316,14 points.

"Ce qui va arriver la semaine prochaine va entièrement dépendre, au moins au début, de si le Congrès et le président s'accordent sur une solution sur la crise du plafond de la dette", pronostique Hugh Johnson.

Lundi, les investisseurs s'inquiétaient d'une expansion des problèmes budgétaires des pays de la zone euro à l'Italie, après avoir été quelque peu rassurés sur la Grèce. Ils ont terminé la semaine suspendu aux négociations entre démocrates et républicains à Washington, restées infructueuses.

Les Etats-Unis se sont fait sermonner mercredi par Moody's, puis vendredi par Standard and Poor's, les deux agences de notation menaçant d'abaisser la note de long terme du pays en cas d'absence de compromis sur le plafond de la dette.

"Il y a une chose qui pourrait pousser les dirigeants à se mettre d'accord: le catastrophique indice du moral des consommateurs de l'université du Michigan", publié vendredi, avance Hugh Johnson.

Mercredi les indices ont progressé, soutenus par l'interprétation du marché de l'audition du président de la Réserve fédérale Ben Bernanke devant des représentants américains, qui a relancé les espoirs d'une nouvelle phase de mesures de soutien à l'économie.

Une nouvelle intervention du même Ben Bernanke le lendemain a refroidi aussi vite l'emballement des investisseurs.

"La plupart d'entre nous ne nous attendons pas à une troisième vague d'assouplissement quantitatif, et Ben Bernanke a indiqué qu'il ne s'attendait pas à devoir venir en aide au marché une nouvelle fois. Dans sa majorité, le marché est en train d'accepter le fait qu'il va devoir continuer seul", a expliqué Gina Martin, de Wells Fargo Securities.

L'attente d'une résolution sur l'état de la dette américaine sera ponctuée la semaine prochaine par de nombreuses publications trimestrielles d'entreprises, alors que la saison des résultats s'accélère.

"Les résultats meilleurs qu'attendu de JPMorgan Chase, Citigroup et Google publiés cette semaine suggèrent que la saison des résultats devrait bien se passer", estiment les analystes de Nomura.

Trois nouvelles banques sont attendues mardi (Bank of America, Goldman Sachs et Wells Fargo), outre de nombreux poids lourds de la cote, en particulier dans le domaine technologique, le reste de la semaine.

IBM publiera ses résultats lundi, Apple et Yahoo! mardi, Intel mercredi et Microsoft jeudi.

Au total, onze des trente composants du Dow Jones dévoileront leurs chiffres, et environ un quart du S&P 500, la semaine se terminant avec le conglomérat industriel General Electric, toujours très surveillé car considéré comme un baromètre de l'économie américaine.

"Les résultats seront un répit bienvenu après toute l'actualité macroéoconomique que l'on a du affronter ces deux derniers mois", a observé Gina Martin.

Quelques indicateurs économiques de second plan sont attendus, notamment du côté de l'immobilier qui ne soulève plus beaucoup d'espoir parmi les investisseurs, avec les mises en chantier de logements pour le mois de juin annoncées mardi.

L'indicateur composite de l'activité économique pour juin et l'activité dans la région de Philadelphie pour juillet seront révélés jeudi.